Pas toujours facile de rester propre lorsque l’eau devient rare, que l’on vit plusieurs jours sur la route ou que l’on s’installe dans une BAD rudimentaire.

Pourtant, en situation dégradée, l’hygiène devient encore plus importante qu’en temps normal.

La sueur, la saleté, les petites blessures, les vêtements humides et l’absence de lavage régulier peuvent rapidement provoquer irritations, infections, mauvaises odeurs et inconfort.

Et au-delà du simple confort, rester propre permet aussi de rester opérationnel.

L’hygiène n’est pas un luxe

En situation de crise, on pense naturellement à l’eau potable, à la nourriture, au chauffage ou à la sécurité.

L’hygiène arrive souvent beaucoup plus loin dans la liste.

C’est une erreur.

Quelques gestes simples permettent de limiter fortement les problèmes :

  • Se laver régulièrement les mains.
  • Nettoyer les zones de transpiration.
  • Maintenir les pieds propres et secs.
  • Changer régulièrement de sous-vêtements.
  • Nettoyer rapidement les petites blessures.
  • Éviter de conserver longtemps des vêtements mouillés ou très sales.

Où se laver quand on n’a plus de douche ?

Il existe beaucoup plus de possibilités qu’on ne l’imagine.

Sur la route, on peut parfois trouver des douches dans :

  • Les campings.
  • Les piscines.
  • Les installations sportives.
  • Certaines plages.
  • Les aires destinées aux routiers.
  • Certains ports ou bases nautiques.

En situation réellement dégradée, ces installations peuvent évidemment ne plus fonctionner. Il faut donc prévoir une solution autonome.

Rivières, lacs et points d’eau naturels

Lorsqu’un point d’eau naturel est disponible et que sa qualité le permet, une baignade peut retirer une bonne partie de la sueur et de la saleté.

Mais attention : on ne se savonne pas directement dans une rivière ou un lac.

Même les savons présentés comme biodégradables peuvent perturber les milieux aquatiques.

La bonne méthode consiste à prélever un peu d’eau, à s’éloigner du cours d’eau et à faire sa toilette à distance.

Une soixantaine de mètres constitue une bonne référence lorsque le terrain le permet.

La toilette avec très peu d’eau

Il n’est pas nécessaire d’utiliser vingt litres d’eau pour rester propre.

Avec une petite bassine, un gant et un ou deux litres d’eau, on peut déjà faire une toilette très correcte.

Concentrez-vous d’abord sur :

  • Le visage.
  • Les mains.
  • Les aisselles.
  • L’aine.
  • Les pieds.

Ce sont les zones qui accumulent le plus rapidement sueur, bactéries et mauvaises odeurs.

Les lingettes : pratiques, mais pas parfaites

Les lingettes pour bébé ou les lingettes corporelles sont extrêmement pratiques lorsqu’on ne dispose vraiment pas d’eau.

Elles permettent de nettoyer rapidement le visage, les mains, les aisselles ou les pieds.

Mais elles présentent deux défauts importants :

  • Elles produisent des déchets.
  • Elles finissent toujours par manquer.

Elles constituent donc une excellente solution de secours, mais pas forcément la meilleure solution à long terme.

Un savon polyvalent

Dans un BOB ou un véhicule d’évacuation, transporter plusieurs produits différents n’a pas beaucoup de sens.

Un bon savon polyvalent permet de réduire le poids et l’encombrement.

Le savon de Marseille reste évidemment une excellente solution.

On peut également utiliser un savon de Castille comme ceux de la marque Dr Bronner.

Selon le produit et les recommandations du fabricant, ce type de savon peut servir pour plusieurs usages :

  • Se laver les mains.
  • Se laver le corps.
  • Se laver les cheveux.
  • Se raser.
  • Laver du linge.
  • Nettoyer du matériel.

Le principal intérêt est simple : un seul produit remplace plusieurs flacons.

Solide ou liquide ?

Pour un BOB, le savon solide possède plusieurs avantages :

  • Il ne fuit pas.
  • Il prend peu de place.
  • Il se conserve longtemps.
  • Il est facile à rationner.

Un petit morceau de savon solide rangé dans une boîte percée ou un sachet adapté peut durer plusieurs semaines.

Les pieds : la priorité souvent oubliée

En déplacement, les pieds méritent une attention particulière.

Humidité, transpiration et frottements peuvent rapidement provoquer ampoules, mycoses et blessures.

Chaque fois que possible :

  • Lavez vos pieds.
  • Séchez-les soigneusement.
  • Changez de chaussettes.
  • Laissez sécher les chaussures.
  • Traitez immédiatement les petites ampoules.

Quelques minutes consacrées aux pieds peuvent éviter plusieurs jours de problèmes.

Le linge

Il n’est pas nécessaire de laver tous ses vêtements chaque jour.

En revanche, les sous-vêtements et les chaussettes doivent être changés et nettoyés régulièrement.

Une petite quantité d’eau, un récipient et quelques gouttes de savon suffisent pour faire une lessive rudimentaire.

Le séchage est tout aussi important : mieux vaut porter un vêtement légèrement sale mais parfaitement sec qu’un vêtement propre encore humide.

Préparer un petit kit d’hygiène

Un kit simple peut contenir :

  • Un petit savon solide.
  • Un gant de toilette.
  • Une petite serviette microfibre.
  • Une brosse à dents.
  • Du dentifrice.
  • Quelques lingettes.
  • Un petit rouleau de papier toilette.
  • Quelques sacs pour les déchets.
  • Une petite quantité de gel hydroalcoolique.

Le tout tient facilement dans une petite pochette.

À retenir

En situation de crise, rester propre ne consiste pas à conserver le niveau de confort d’une salle de bain moderne.

Le but est beaucoup plus simple : éviter les infections, les irritations et les problèmes qui pourraient diminuer votre capacité à fonctionner.

Avec quelques litres d’eau, un savon, un gant et un minimum d’organisation, on peut rester propre très longtemps.

Et comme souvent en survivalisme, ce sont les petites habitudes prises avant la crise qui feront toute la différence pendant la crise.