Titre : Cybergedon

Production : NumeriMatch / Paris Match

Année : 2009

Origine : France

Genre : Docu-fiction, anticipation, survie numérique

Format : Websérie de 11 épisodes

Principe : Suivre un homme ordinaire qui tente de s’adapter après l’arrêt brutal d’Internet.

Et si demain Internet s’arrêtait ? Pas seulement votre box pendant vingt minutes, mais le réseau lui-même, suffisamment longtemps pour que les services qui en dépendent commencent à tomber les uns après les autres.

Cybergedon partait de cette idée en 2009. On y suit un monsieur tout le monde qui découvre progressivement qu’une panne numérique n’est pas seulement un problème pour consulter ses mails : approvisionnement, paiements, informations, communications et habitudes quotidiennes peuvent rapidement devenir beaucoup plus compliqués.

Présentation de la websérie

Cybergedon est une docu-fiction française produite autour de NumeriMatch et diffusée à l’époque dans l’univers numérique de Paris Match. Le premier épisode était présenté sous une question très simple : « Et si Internet s’arrête ? »

Le scénario imagine une interruption générale du réseau. Attaque informatique massive, pannes en cascade ou autre cause volontairement floue : l’intérêt n’est pas tant de savoir qui a débranché Internet que d’observer ce qui se passe ensuite.

Le personnage principal n’est ni ingénieur réseau ni membre d’une unité spéciale. C’est justement ce qui rend le concept intéressant. Il doit faire comme tout le monde : comprendre ce qui fonctionne encore, ce qui ne fonctionne plus et comment continuer sans les outils numériques devenus tellement ordinaires qu’on ne pense même plus à leur absence.

Ce que Cybergedon avait déjà compris en 2009

Dès les premiers épisodes, la série s’intéresse à l’approvisionnement. Sans communications numériques normales, les supermarchés et leurs fournisseurs commencent à rencontrer des difficultés. Ce point était déjà mis en avant dans la présentation de la docu-fiction à l’époque.

L’idée reste valable aujourd’hui : un magasin n’est pas une réserve infinie posée au milieu d’une ville. Commandes, stocks, transport, paiement et gestion dépendent de systèmes informatiques interconnectés.

Une panne Internet ne signifie pas que toute la logistique s’arrête instantanément. De nombreux systèmes disposent de procédures de secours. Mais plus l’incident dure, plus le fonctionnement en mode dégradé devient compliqué.

En 2026, nous dépendons encore davantage du réseau

En 2009, un smartphone servait encore principalement à téléphoner, envoyer des SMS, écouter de la musique et commencer à naviguer sur le Web. Depuis, une grande partie de notre quotidien a migré vers des services connectés.

Aujourd’hui, beaucoup de personnes utilisent Internet pour :

  • Consulter leurs comptes et effectuer des démarches.
  • Accéder à leurs documents stockés dans le cloud.
  • Utiliser la navigation GPS et rechercher une adresse.
  • Communiquer par messagerie instantanée.
  • Recevoir des codes d’authentification ou valider des connexions.
  • Travailler à distance.
  • Accéder à des manuels, recettes, notices ou informations pratiques.
  • Utiliser certains objets et systèmes domestiques connectés.

Cela ne signifie pas qu’une coupure Internet nous ramènerait instantanément à l’âge de pierre. En revanche, elle ferait rapidement apparaître toutes les fonctions que nous avons oublié de savoir réaliser autrement.

Internet en panne ne veut pas forcément dire électricité coupée

C’est une distinction importante. Internet, le réseau mobile et le réseau électrique sont liés, mais ce ne sont pas la même chose.

Une panne informatique majeure peut laisser l’électricité disponible. À l’inverse, une panne de courant prolongée finit naturellement par affecter les équipements de télécommunication lorsque les systèmes de secours arrivent à leurs limites.

Pour se préparer intelligemment, il vaut donc mieux imaginer plusieurs scénarios : plus d’Internet avec encore du courant, réseau mobile saturé, coupure électrique locale, ou combinaison des trois.

Les bons réflexes hors ligne

Le principal enseignement que l’on peut tirer de Cybergedon aujourd’hui est très Alpha Rubicon : tout ce qui est important ne devrait pas exister uniquement en ligne.

  • Conserver les numéros importants ailleurs que dans le cloud.
  • Avoir une carte papier de sa région et de ses itinéraires utiles.
  • Télécharger à l’avance certaines cartes utilisables hors connexion.
  • Conserver localement les notices et documents réellement importants.
  • Prévoir plusieurs moyens de communication.
  • Garder une quantité raisonnable d’espèces pour un mode dégradé temporaire.
  • Conserver une sauvegarde déconnectée des fichiers essentiels.
  • Savoir fonctionner quelques jours sans dépendre d’une recherche Google pour chaque problème.

Sur le dernier point, l’ANSSI recommande elle-même de compléter les sauvegardes en ligne par des sauvegardes hors ligne. Pour les systèmes d’information, elle recommande notamment le principe 3-2-1 : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors ligne.

Le cloud est pratique, mais il faut garder une porte de sortie

Le cloud est formidable lorsque le réseau fonctionne. Il permet de retrouver ses fichiers partout et d’éviter de dépendre d’un seul ordinateur.

Le problème apparaît lorsque le seul exemplaire accessible d’un document est justement dans un service qui nécessite une connexion, une authentification en ligne ou une application incapable de fonctionner hors réseau.

Les documents critiques méritent donc une copie locale et, pour les informations sensibles, correctement protégée.

La carte papier fait son retour

Une panne réseau est également un excellent rappel de la raison pour laquelle nous avons consacré un article entier à la carte routière papier.

Le GPS du téléphone peut continuer à déterminer une position sans Internet, mais l’application peut avoir besoin de données cartographiques déjà téléchargées. Une carte papier, elle, n’attend ni serveur ni mise à jour.

Les 11 épisodes

L’ancien article Alpha Rubicon référençait le trailer de la saison ainsi que onze épisodes diffusés sur YouTube. Les identifiants de ces vidéos existent encore dans nos archives, mais en septembre 2026 je n’ai pas pu confirmer que les vidéos correspondantes sont toujours disponibles et officielles.

Plutôt que de remplir cette nouvelle fiche de lecteurs morts, nous conservons donc la liste des épisodes sans recopier des liens YouTube non vérifiés.

  1. Épisode 1
  2. Épisode 2
  3. Épisode 3
  4. Épisode 4
  5. Épisode 5
  6. Épisode 6
  7. Épisode 7
  8. Épisode 8
  9. Épisode 9
  10. Épisode 10
  11. Épisode 11

Ce qui a vieilli

Visuellement et technologiquement, la série porte évidemment son époque. Les téléphones, les usages du Web et la dépendance au cloud n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 2009.

C’est justement ce qui rend le concept encore plus amusant aujourd’hui : notre dépendance numérique est devenue tellement plus forte que certains problèmes imaginés à l’époque paraissent presque sages.

Notre avis

Cybergedon n’est pas une grande production post-apocalyptique et ne cherche pas à l’être. Son intérêt vient de son idée de départ et de la manière dont elle force à regarder une infrastructure invisible jusqu’au jour où elle ne fonctionne plus.

Le scénario dramatise évidemment certaines conséquences. Mais la bonne question reste entière : qu’est-ce que vous savez encore faire lorsque votre téléphone affiche du réseau mais que rien ne répond derrière ?

Et surtout : vos contacts, vos cartes, vos documents, vos sauvegardes et vos informations indispensables sont-ils encore accessibles sans connexion ?

À conseiller à : Ceux qui s’intéressent à la résilience numérique, aux pannes de réseau et aux scénarios où la catastrophe commence par un écran qui ne charge plus.

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Sources

Paperblog / NumeriMatch : Cybergedon, épisode 1, « et si Internet s’arrête ? ».

ANSSI : Sauvegarde des systèmes d’information.

Cybermalveillance.gouv.fr : Bonnes pratiques de sauvegarde.