ISTC… Voilà un terme venu du monde militaire que l’on entend de plus en plus sur les stands de tir, les terrains d’airsoft et dans certains milieux survivalistes où quelques cowboys de l’apocalypse aiment parfois employer le vocabulaire avant d’en connaître le sens.
Pour comprendre pourquoi les armées ont autant insisté sur la sécurité et la standardisation des gestes, il faut revenir aux conflits modernes, notamment à la guerre du Vietnam.
Dans une armée où des centaines de milliers d’hommes manipulent quotidiennement des armes, les mauvaises manipulations, les départs de coups accidentels et les erreurs de sécurité peuvent provoquer des morts et des blessés sans même que l’ennemi intervienne.
Le Vietnam a fortement marqué les réflexions militaires américaines sur l’entraînement, la manipulation des armes et la nécessité de transformer certains gestes en automatismes.
En France, cette évolution conduira beaucoup plus tard à une refonte de l’instruction au tir. L’ISTC moderne trouve sa genèse au début des années 2000 autour d’un concept développé par Philippe Perotti, avant d’être progressivement instaurée dans les régiments à partir de 2006.
Qu’est-ce que l’ISTC ?
ISTC signifie Instruction sur le tir de combat.
Son objectif ne consiste pas seulement à apprendre à toucher une cible. Il s’agit aussi d’apprendre à manipuler une arme de manière maîtrisée, avec des gestes communs, un langage commun et surtout des règles de sécurité appliquées en permanence.
L’idée est simple : une arme ne doit jamais devenir dangereuse pour son utilisateur, ses équipiers ou les personnes qui l’entourent.
Ce que cet article n’est pas
Ce texte n’a pas vocation à vous former à l’ISTC.
Une véritable formation au tir se fait avec des instructeurs qualifiés, dans un cadre adapté et avec les règles de sécurité correspondantes.
En revanche, il existe quatre règles que toute personne manipulant une arme devrait connaître par cœur.
Les quatre règles élémentaires de sécurité
1. Toute arme doit être considérée comme chargée
On ne manipule jamais une arme en partant du principe qu’elle est vide.
Même lorsqu’une vérification vient d’être effectuée, on conserve une attitude compatible avec une arme chargée.
Cela évite le fameux : « Pourtant, je croyais qu’elle était vide ».
2. Ne jamais pointer une arme vers quelque chose que l’on ne veut pas atteindre
La direction du canon doit rester maîtrisée en permanence.
Que l’arme soit supposée vide ou non ne change rien à cette règle.
En cas d’erreur ou de départ de coup involontaire, la direction du canon constitue la dernière barrière de sécurité.
3. Garder l’index hors de la détente tant que le tir n’est pas décidé
L’index reste le long de l’arme et hors du pontet pendant les manipulations.
Il ne rejoint la détente que lorsque le tireur a effectivement décidé de tirer et que la situation permet de le faire en sécurité.
Une perte d’équilibre, un mouvement brusque ou un réflexe de crispation peuvent sinon provoquer un départ de coup involontaire.
4. Être certain de son objectif et de son environnement
Avant tout tir, il faut identifier précisément la cible et savoir ce qui se trouve devant, derrière et autour d’elle.
Une balle peut manquer sa cible, la traverser ou ricocher.
Le tireur reste responsable de chacun de ses tirs.
Pourquoi ces règles sont essentielles
Le principe est simple : les règles se complètent.
Une erreur humaine reste toujours possible. Mais si plusieurs barrières de sécurité sont respectées simultanément, une erreur isolée a beaucoup moins de chances de devenir un accident grave.
C’est précisément ce que les armées ont compris au fil des conflits : la maîtrise d’une arme ne repose pas seulement sur la précision du tir, mais aussi sur des gestes répétés jusqu’à devenir naturels.
Et le reste de l’ISTC ?
L’ISTC va évidemment beaucoup plus loin et comprend des méthodes d’instruction, des manipulations et des procédures propres au cadre militaire.
Ce n’est pas quelque chose que l’on apprend correctement en lisant quelques paragraphes sur Internet.
Si le sujet vous intéresse, la bonne démarche consiste à vous former auprès de personnes qualifiées et dans un environnement prévu pour cela.
À retenir
- Considérer toute arme comme chargée
- Maîtriser en permanence la direction du canon
- Garder l’index hors de la détente tant que le tir n’est pas décidé
- Identifier précisément la cible et son environnement
En gros : on ne fait pas n’importe quoi.
Et avant de jouer au cowboy de l’apocalypse, commencer par ne pas tirer dans le copain d’à côté est déjà une excellente base.