Pour gagner en autonomie énergétique, les panneaux solaires sont une solution intéressante. Mais avant de produire de l’électricité ou de l’eau chaude, il faut conserver une maison au sec. Une installation qui alimente les lampes tout en arrosant les combles, c’est une drôle de façon de progresser.

Le choix des panneaux compte, celui de leur fixation et de la couverture tout autant. Il faut d’abord distinguer la pose au-dessus d’une toiture conservée et l’intégration, où une partie de la couverture est remplacée par le système solaire. Les conséquences pour l’étanchéité sont très différentes.

Surimposition ou intégration : Qui arrête la pluie ?

En surimposition, les panneaux sont installés au-dessus des tuiles, des ardoises ou d’une couverture métallique. La toiture garde son rôle de protection contre la pluie. Les points sensibles sont les fixations et les traversées ajoutées lors des travaux. Une couverture abîmée doit être remise en état avant d’être cachée sous les panneaux.

En intégration, le système solaire remplace une partie de la couverture. Selon le procédé, l’eau est arrêtée ou évacuée par les modules, leurs raccords, des plaques sous-jacentes ou une combinaison de ces éléments. Le raccordement avec la toiture conservée devient particulièrement important.

Sur une toiture saine, la surimposition mérite donc d’être étudiée en premier : Elle permet de conserver la couverture existante. L’intégration peut avoir son intérêt lors d’une réfection ou pour une contrainte architecturale, mais elle doit être conçue comme un véritable ouvrage de couverture.

InterSole : Des plaques sous les panneaux

Le système InterSole, notamment sa version InterSole SE de Renusol, utilise des plaques en polyéthylène haute densité à la place des tuiles sous le champ photovoltaïque. Des ancres portent les rails sur lesquels les panneaux sont fixés.

Plaques InterSole et supports de fixation avant la pose des panneaux photovoltaïques

L’intérêt : L’étanchéité sous les modules et leur maintien sont assurés par des composants dédiés. La pose en portrait ou en paysage est prévue, selon la configuration du système et la compatibilité des modules.

Les points sensibles : Les recouvrements, les raccords périphériques et la position des vis. La notice impose notamment de visser sur la partie haute des rainures. Un percement mal placé peut créer une fuite dont la recherche nécessitera de déposer des panneaux.

La pente minimale dépend de la version et de ses accessoires. La notice InterSole SE de janvier 2020 indique une plage de 15° à 70°, avec des dispositions particulières sous 20°. Ces valeurs ne doivent pas être transposées automatiquement à une ancienne installation : C’est sa propre notice qui fait référence.

PV-TEC : Un exemple historique à examiner avec prudence

Le PV-TEC présenté dans l’article d’origine associait une membrane de drainage en polyéthylène, des rails et des modules intégrés en toiture. Sa mise en œuvre en rouleaux permettait de traiter des surfaces importantes.

Un détail essentiel apparaît dans la notice Yandalux de 2010 : La membrane seule n’est pas destinée à constituer la couverture. Le fonctionnement du procédé repose sur l’ensemble membrane et modules. Une exposition durable de la membrane au soleil après dépose des panneaux peut la fragiliser.

La dilatation, les recouvrements et le serrage des fixations demandent également une attention particulière. Il serait donc trompeur de présenter ce système comme insensible à toutes les agressions ou étanche en toutes circonstances. Des fissurations de membrane avec infiltrations ont d’ailleurs été constatées dans des litiges concernant des installations anciennes.

Pour une installation existante, vérifier l’état de la membrane et les raccords est plus utile que de se fier aux promesses d’une ancienne brochure. Pour un chantier neuf, une documentation de 2010 ne suffit pas à valider le choix du procédé.

Le bac acier : Mon choix pour une partie de l’installation

Pour une partie de mon installation, j’ai choisi le bac acier. Ce qui m’intéressait, c’était une couverture robuste, un coût contenu et des matériaux relativement faciles à trouver. Cette logique reste intéressante pour un projet d’autonomie : Pouvoir comprendre, entretenir et réparer son installation compte autant que son aspect.

Couverture en bac acier utilisée sous une installation solaire

Il faut cependant distinguer une couverture en bac acier portant des panneaux rapportés, une tôle servant de support à un complexe d’étanchéité et un produit photovoltaïque intégré à la couverture. Ces solutions ne se posent pas de la même manière. Un bac de couverture ordinaire ne devient pas un système d’intégration simplement parce qu’on y fixe des panneaux.

Les fixations solaires doivent être adaptées au profil, à l’épaisseur de la tôle et à la structure porteuse. Leur étanchéité et leur serrage doivent suivre la notice du procédé retenu. Un joint écrasé par un serrage excessif peut devenir un point d’infiltration.

Ne pas oublier la condensation

Sous une couverture métallique, des gouttes peuvent aussi provenir de la condensation, même sans fuite de pluie. Il faut traiter ce problème selon l’usage du bâtiment et la composition de sa toiture. Dans un bâtiment non isolé, un feutre absorbant peut retenir temporairement l’eau, mais il a besoin de ventilation pour sécher et peut saturer dans un local très humide.

La résistance au vent concerne toute l’installation

On ne peut pas promettre une résistance à 200 km/h à partir du seul choix du bac acier. La tenue dépend des panneaux, des rails, des fixations, de la charpente et de l’exposition du bâtiment. Une tôle solide ne compense pas des ancrages insuffisants.

Les couvertures photovoltaïques industrielles

Il existe également des produits de couverture intégrant des éléments photovoltaïques, dont les anciens exemples sur bac acier illustrés ci-dessous. Ils doivent être examinés comme des systèmes complets, avec leurs propres caractéristiques et prescriptions.

Ancien exemple de couverture métallique intégrant des éléments photovoltaïques

La puissance installée ne se déduit pas de la seule surface du toit. Elle dépend du produit, de la surface réellement équipée et de l’implantation. L’ancien exemple de 6 500 Wc pour 100 m² ne constitue donc pas une règle de dimensionnement. Les watts-crête expriment une puissance nominale, pas une quantité d’énergie produite.

Les détails qui font durer une toiture solaire

  • Une couverture et une charpente en bon état, adaptées aux charges de l’installation.
  • Un procédé compatible avec la toiture, sa pente, ses matériaux et son exposition.
  • Des raccords périphériques soignés, qui laissent l’eau rejoindre la gouttière.
  • Des passages de câbles adaptés, traités comme de véritables traversées de couverture.
  • Une ventilation et des évacuations dégagées, avec un accès prévu pour les contrôler.
  • Des notices et références conservées, pour faciliter les réparations et le remplacement des pièces.

La qualité de pose est déterminante, mais elle ne rend pas tous les produits infaillibles. Pour gagner en autonomie, mieux vaut une installation cohérente et réparable qu’un montage séduisant sur le papier dont la première fuite oblige à tout démonter.