Article actualisé en septembre 2026.
Une trousse de secours achetée toute faite contient souvent cinquante pansements minuscules, trois cotons-tiges et une paire de ciseaux incapable de couper autre chose que l’emballage. Pour disposer d’un ensemble réellement utile, mieux vaut choisir soi-même le contenant et son contenu.
Il faut également distinguer la trousse de secours de la pharmacie familiale. La première sert à intervenir immédiatement sur une blessure. La seconde contient les traitements habituels et les produits destinés aux problèmes courants.
Une seule trousse ne suffit pas toujours
Le contenu doit correspondre à l’endroit où il sera utilisé. Une petite trousse portée dans un sac d’évacuation ne peut pas contenir la même chose qu’une réserve médicale conservée à la maison.
- La trousse immédiate : Matériel destiné aux hémorragies et aux blessures urgentes
- La trousse mobile : Soins courants pour la voiture, la randonnée ou le sac d’évacuation
- La réserve familiale : Matériel supplémentaire, consommables et médicaments conservés à domicile
Cette séparation permet de trouver immédiatement le matériel nécessaire. Fouiller dans un sac rempli de boîtes de comprimés pour retrouver un pansement compressif n’est pas une excellente activité lorsque quelqu’un repeint déjà le sol en rouge.
Protection et nettoyage
- Gants en nitrile à usage unique
- Solution hydroalcoolique
- Savon liquide ou savon antiseptique
- Sérum physiologique en dosettes
- Antiseptique incolore en dosettes ou petit flacon
- Compresses stériles de plusieurs tailles
- Sacs destinés aux déchets de soins
- Masque de protection pour le bouche-à-bouche
Les dosettes individuelles prennent peu de place et évitent de conserver pendant des mois un flacon déjà ouvert. Un antiseptique incolore permet également de surveiller l’évolution de la peau et de la plaie.
Plaies et saignements
- Pansements adhésifs de plusieurs tailles
- Pansements articulaires pour les doigts et les jointures
- Pansements hydrocolloïdes pour les ampoules
- Compresses non adhérentes pour les plaies et les brûlures
- Rouleaux de sparadrap résistant
- Bandes extensibles de plusieurs largeurs
- Bandes cohésives qui adhèrent sur elles-mêmes
- Bandages triangulaires
- Pansements compressifs stériles
- Garrot adapté aux hémorragies graves
Le pansement compressif mérite une place facilement accessible. Il est beaucoup plus utile qu’une collection de pansements décorés de personnages de dessins animés.
Un garrot peut sauver une vie lors d’une hémorragie massive d’un membre. Il faut toutefois apprendre à le poser et s’exercer avec un modèle dédié à l’entraînement. Découvrir son fonctionnement le jour où il devient nécessaire est un programme assez médiocre.
Brûlures et traumatismes
- Gel ou compresses d’hydrogel pour les brûlures
- Pansements stériles non adhérents
- Bandes extensibles pour maintenir les protections
- Compresses froides instantanées
- Deux couvertures de survie
- Écharpe triangulaire pour soutenir temporairement un bras
L’hydrogel ne remplace pas le refroidissement prolongé d’une brûlure récente avec de l’eau tempérée lorsque celle-ci est disponible. Il devient surtout intéressant pendant un déplacement ou lorsque l’accès à l’eau est limité.
Instruments utiles
- Ciseaux médicaux capables de couper les vêtements
- Pince à échardes
- Tire-tique
- Thermomètre électronique avec pile de rechange
- Lampe frontale compacte
- Loupe légère
- Épingles de sûreté
- Marqueur permanent
- Bloc-notes étanche ou fiches de suivi
Le marqueur sert notamment à noter une heure, une température ou l’évolution d’un état. Une lampe frontale libère les deux mains et évite de demander à une troisième personne d’éclairer la blessure avec un téléphone presque déchargé.
La pharmacie familiale
Les médicaments doivent être conservés dans un module séparé, protégés de l’humidité et de la chaleur. La composition dépend de l’âge, des antécédents et des traitements de chaque membre du foyer.
- Traitements personnels habituels
- Copies des ordonnances en cours
- Paracétamol adapté aux adultes et aux enfants concernés
- Sachets de solution de réhydratation orale
- Traitement habituellement utilisé contre les allergies
- Produit contre les troubles digestifs courants
- Crème solaire à indice élevé
- Répulsif adapté aux insectes
- Produit calmant pour les piqûres
- Protection des lèvres et de la peau
Le pharmacien peut contrôler cette partie en tenant compte des allergies, des maladies chroniques et des incompatibilités. Il faut également vérifier que plusieurs produits ne contiennent pas la même substance, notamment du paracétamol sous des noms commerciaux différents.
Les antibiotiques, les médicaments injectables et les traitements soumis à prescription ne se choisissent pas au hasard. Un reste de traitement abandonné depuis trois ans au fond d’un placard constitue davantage une énigme pharmaceutique qu’une réserve médicale.
Les traitements personnels sont prioritaires
Une trousse remplie de matériel ne sert pas à grand-chose si une personne dépendante d’un traitement quotidien se retrouve sans comprimés au bout de deux jours. Chaque membre du foyer doit disposer d’une fiche simple indiquant ses traitements, ses allergies, son groupe sanguin et les coordonnées utiles.
- Nom du médicament
- Dosage prescrit
- Moment habituel de la prise
- Allergies connues
- Maladies ou antécédents importants
- Coordonnées du médecin et de la pharmacie
- Personne à contacter
Une copie papier des ordonnances doit être conservée dans une pochette étanche. Une seconde copie numérique peut être placée sur un téléphone ou une clé USB chiffrée.
Organiser le contenu
Le matériel doit être rangé par fonction dans des pochettes clairement identifiées. Cette organisation permet de sortir uniquement le module nécessaire sans vider toute la trousse sur le sol.
- Pochette rouge pour les hémorragies
- Pochette bleue pour le nettoyage et le rinçage
- Pochette verte pour les pansements courants
- Pochette orange pour les brûlures
- Pochette distincte pour les médicaments
Les éléments urgents doivent rester immédiatement accessibles. Le pansement compressif et les gants n’ont rien à faire sous le thermomètre, les crèmes et les vingt boîtes de pansements.
Contrôler la trousse
Une vérification tous les six mois évite de découvrir un antiseptique vide, des gants collés par la chaleur ou un thermomètre sans pile.
- Remplacer le matériel utilisé
- Contrôler les dates de péremption
- Vérifier l’état des emballages stériles
- Contrôler les piles du thermomètre et de la lampe
- Adapter les médicaments aux traitements actuels
- Remplacer les produits ayant subi une forte chaleur
- Mettre à jour les ordonnances et les fiches médicales
Une liste plastifiée placée dans la trousse permet de suivre les quantités et les dates. Lorsqu’un produit est utilisé, il suffit de le noter immédiatement. Sinon, chacun suppose que quelqu’un d’autre l’a remplacé et la compresse disparue devient une tradition familiale.
Le matériel ne remplace pas la formation
La meilleure trousse reste celle dont on connaît le contenu. Une formation aux premiers secours permet d’apprendre à protéger une victime, alerter les secours, arrêter une hémorragie, pratiquer un massage cardiaque et utiliser correctement les différents pansements.
Il est également utile de déballer et manipuler du matériel réservé à l’entraînement. On ne s’exerce évidemment pas avec les derniers pansements stériles de la réserve.
Composer sa propre trousse
Une trousse vide compartimentée permet d’adapter exactement le matériel au foyer et aux activités pratiquées.