En 2015, Alexander Alemi, Matthew Bierbaum, Christopher Myers et James Sethna, chercheurs liés à l’université Cornell, ont publié une étude intitulée You Can Run, You Can Hide: The Epidemiology and Statistical Mechanics of Zombies.

Leur objectif n’était évidemment pas de prévoir une véritable attaque de morts-vivants. Les zombies servent ici de maladie fictive pour présenter des méthodes utilisées en épidémiologie, en modélisation statistique et dans l’étude de la propagation des phénomènes critiques.

Les villes tomberaient en premier

La simulation reproduit les déplacements et les interactions locales de la population des États-Unis continentaux. Dans le scénario étudié, une contamination apparue dans une grande agglomération se diffuse rapidement dans les zones fortement peuplées.

Les régions rurales sont atteintes plus lentement, tandis que certaines zones peu peuplées des montagnes Rocheuses restent temporairement épargnées. Le Wyoming, le Montana et certaines parties du Nevada figurent ainsi parmi les secteurs offrant le meilleur délai avant l’arrivée de l’épidémie.

La campagne ne garantirait donc pas la survie, mais elle laisserait davantage de temps pour réagir, s’organiser ou évacuer.

Pourquoi cette différence ?

  • Les Grandes villes concentrent davantage de personnes sur une faible surface ;
  • Les Contacts entre individus y sont beaucoup plus fréquents ;
  • Les Axes de transport accélèrent la propagation ;
  • Les Zones rurales possèdent une population plus dispersée ;
  • Les Régions montagneuses ralentissent naturellement les déplacements.

Un exercice scientifique derrière la plaisanterie

L’étude montre surtout que la géographie et la densité de population jouent un rôle majeur dans la progression d’une épidémie. Une menace ne touche pas nécessairement toutes les régions au même moment ni avec la même intensité.

Les auteurs ont utilisé une simulation stochastique, c’est-à-dire intégrant une part de hasard dans les rencontres, les contaminations et l’élimination des zombies. Les résultats changent donc selon le point de départ et les paramètres choisis.

À retenir : Cette étude est un exercice pédagogique, pas une prédiction. Elle permet néanmoins de visualiser pourquoi les grandes concentrations urbaines sont plus vulnérables à une propagation rapide.

Le simulateur interactif

Les chercheurs ont également développé une version accessible en ligne. Elle permet de choisir le point de départ de l’invasion et d’observer sa progression sur la carte des États-Unis.

Zombie-town USA

Lancez une contamination et observez sa propagation à travers les États-Unis.

Ouvrir le simulateur

L’étude scientifique complète reste consultable gratuitement sur arXiv.

Consulter l’étude

Et les conseils du CDC ?

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies avait lui aussi utilisé les zombies dans une campagne humoristique destinée à faire connaître les plans familiaux, les réserves et les kits d’urgence. L’ancienne page web n’est plus tenue à jour, mais ses affiches et sa bande dessinée restent disponibles dans les archives officielles du CDC.

Consulter le guide Zombie Preparedness du CDC