Fabriquer son charbon de bois permet de transformer une ressource locale en combustible pour la forge et de conserver un savoir-faire utile à l’autonomie. Claude Schosseler nous présente ici une méthode utilisant une cuve métallique, expliquée par un ancien charbonnier des environs de Châtillon-en-Bazois, en Bourgogne. Le reportage suit une fabrication complète, en 40 photos.

Une « cocotte » pour carboniser le bois

Le principe consiste à chauffer le bois en maîtrisant les entrées d’air, afin de le carboniser sans le réduire en cendres. Selon Claude, cette méthode est plus simple à conduire qu’une charbonnière traditionnelle recouverte de terre, pour un résultat comparable.

Sa « cocotte » provient d’un ancien ballon d’eau chaude. Elle mesure environ 110 cm de diamètre et accueille ce qu’il décrit comme un petit stère de bois. Les conduits d’arrivée d’air et d’évacuation des fumées ont ici un diamètre de 82 mm. Ce sont les dimensions de son installation, pas un plan universel à appliquer à n’importe quelle cuve.

Cette fabrication se réalise uniquement dehors, sur un terrain dégagé, loin des habitations et des matières inflammables. Les fumées contiennent notamment du monoxyde de carbone. Rester à distance et hors de leur panache, respecter les restrictions locales d’emploi du feu et garder de quoi intervenir à proximité. La cuisson doit être surveillée, puis le charbon entièrement refroidi avant ouverture.

1. Installer la cuve sur un terrain horizontal

Choisir un emplacement stable, bien horizontal et débarrassé de la végétation sèche. La cuve doit reposer régulièrement sur le sol pour que le montage et la circulation de l’air restent maîtrisables.

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Photos 1 à 4 : préparation du terrain et installation de la cuve.

2. Charger le bois autour d’une cheminée centrale

Un plancher de bois, posé sur des bûches, ménage une circulation d’air sous la charge. Claude rassemble au centre les morceaux insuffisamment carbonisés de la fournée précédente : c’est là que le feu sera démarré.

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Photo 5 : le plancher et les morceaux à reprendre.

Un piquet central sert de guide pour former une cheminée. De petites branches sèches sont disposées autour, puis le bois est empilé en limitant les grands vides. Comme pour le gruyère, plus il y a de trous, moins il reste de matière ! Les morceaux deviennent progressivement plus gros vers le haut.

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Photos 6 à 8 : constitution de la cheminée et empilage du bois.

La charge reste sous le bord de la cuve pour permettre la pose du couvercle. Retirer ensuite le piquet sans faire tomber de bois dans la cheminée centrale.

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Photos 9 à 11 : fin du chargement et détail de la cheminée.

3. Préparer les conduits et démarrer le feu

Dans ce montage, des brindilles sèches sont placées au fond de la cheminée centrale sur une hauteur d’environ 20 cm. Les tubes sont ensuite positionnés autour de la cuve.

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Photos 12 à 14 : préparation de l’allumage et mise en place des tubes.

Le reportage d’origine montre un démarrage au fuel. Nous conservons cette photo pour respecter le document, mais nous ne recommandons pas cet accélérant. Claude décrit aussi une solution avec des braises provenant d’un feu de bois voisin, transportées avec une pelle ou un seau métallique. Ne jamais verser de liquide inflammable dans une cuve chaude ou sur un feu.

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Photo 15 : le procédé d’allumage montré dans le reportage historique.

Les photos suivantes montrent l’établissement du foyer central, alimenté avec de petits morceaux de bois sec. La fumée s’épaissit progressivement. Quand la « cocotte » commence à évoquer une locomotive, Claude complète le chargement.

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Photos 16 à 19 : démarrage du foyer et apparition d’une fumée abondante.

4. Conduire la carbonisation

De la terre sert à colmater les jonctions du montage. Il faut distinguer ce colmatage des arrivées d’air et des sorties de fumée, qui assurent le fonctionnement de l’installation pendant la cuisson.

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Photos 20 à 22 : colmatage des jonctions et foyer central.

Une fois le feu établi, Claude pose le couvercle. La fumée doit circuler dans les conduits prévus. Observer le tirage à distance : on ne souffle pas à la bouche dans une cheminée et on ne se penche pas au-dessus des fumées.

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Photos 23 à 26 : fermeture de la cuve et mise en fonctionnement des cheminées.

Pour la fournée photographiée, Claude indique environ douze heures de cuisson. Cette durée varie avec le bois, son humidité, le chargement et les conditions de fonctionnement. Elle ne constitue donc pas un minuteur que l’on lance avant de partir faire autre chose.

Les goudrons peuvent gêner les sorties de fumée. Le charbonnier surveille l’évolution du tirage et des fumées. Dans le reportage, leur changement d’aspect accompagne la fin de carbonisation : les conduits sont retirés et leurs passages obturés progressivement avec de la terre. La couleur des fumées reste un indice d’observation, pas une garantie à elle seule.

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Photo 27 : surveillance de la fin de cuisson et obturation des passages.

5. Attendre le refroidissement complet

La cuve reste fermée pendant le refroidissement. Laisser entrer de l’air alors que le charbon est encore chaud peut le rallumer. Ne pas ouvrir tant que l’ensemble n’est pas froid, et ne pas fixer un délai unique : le refroidissement peut prendre bien plus longtemps que la cuisson.

Après refroidissement, la terre autour du couvercle est dégagée et la cuve ouverte. Le volume de bois a nettement diminué.

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Photos 28 et 29 : ouverture à froid et découverte du charbon.

La terre au pied de la cuve est retirée, puis la cuve est soulevée. Le charbon peut être récupéré et trié en évitant de le mélanger à la terre.

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Photos 30 à 33 : retrait de la cuve et récupération de la production.

6. Trier le charbon et préparer la prochaine fournée

Claude décrit un charbon qui produit un son clair lorsque deux morceaux sont frappés l’un contre l’autre. C’est son appréciation du résultat obtenu, pas une certification de qualité ni un contrôle de pureté.

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Photos 34 à 37 : aspect des morceaux de charbon obtenus.

Certains morceaux, surtout près des parois, sont restés partiellement carbonisés. Ils peuvent être mis de côté pour la fournée suivante. Mieux vaut quelques morceaux à reprendre qu’une production largement transformée en cendres.

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Photo 38 : morceaux insuffisamment carbonisés à conserver pour une prochaine charge.

La fournée présentée a donné 61 kg de charbon de bois, destinés à la forge et à la fabrication d’acier damas. Ce résultat appartient à cet essai précis. Il ne permet pas de promettre le même rendement avec une autre essence, un autre chargement ou une autre installation.

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Photos 39 et 40 : pesée de la production, soit 61 kg pour cette fournée.

Un savoir-faire qui mérite d’être conservé

Ce reportage montre autant une installation qu’un travail d’observation. Charger correctement, conduire la cuisson puis laisser refroidir sans précipitation font partie du savoir-faire. Pour l’autonomie, l’intérêt est de pouvoir produire un combustible de forge à partir de bois disponible localement, à condition de disposer d’un lieu adapté et de maîtriser les risques du procédé.

Pour une installation de plus petite capacité avec un foyer séparé, découvrez aussi la méthode de fabrication du charbon de bois avec deux bidons.