Mites, charançons et autres insectes peuvent détruire une réserve alimentaire. Le problème est qu’œufs et larves peuvent être présents dès l’achat, dans un paquet apparemment impeccable.

Les principaux coupables

Les mites alimentaires sont les plus visibles. Ce ne sont pas les petits papillons qui mangent nos réserves, mais leurs larves. Elles apprécient farine, riz, pâtes, céréales, graines, légumineuses, fruits secs, noix, épices et même la nourriture pour animaux. Filaments ressemblant à des toiles d’araignée, grains agglomérés, larves blanchâtres ou cocons doivent vous alerter. Les charançons et différents petits coléoptères peuvent également se développer directement dans les aliments.

Je pars donc d’un principe simple : Un paquet neuf n’est pas forcément un paquet sain.

Ma solution : Les pots en verre de récupération

Pour mes réserves, je privilégie le contenant le plus simple qui soit : le pot en verre de récupération. Je recycle les pots de compotes, sauces, légumes… Les formats de 600 à 800 ml sont particulièrement pratiques et ne coûtent rien. Je les lave soigneusement, vérifie le couvercle et les laisse sécher parfaitement avant utilisation. Le verre est imperméable, les insectes ne peuvent pas le traverser, les souris ne peuvent pas le ronger et son contenu reste immédiatement visible. Ces petits contenants permettent aussi de fractionner naturellement la réserve : Un problème sur un pot ne compromet qu’une petite quantité de nourriture.

Le congélateur

Un pot hermétique empêche les insectes d’entrer, mais il ne règle pas le problème des parasites éventuellement présents dans la nourriture au moment de l’achat. 

Ma règle est simple :

     1)  Je verse donc directement l’aliment sec dans mes pots propres et secs, je ferme correctement puis je place les pots au congélateur. 

     2)  −18 °C pendant une semaine

    3) - Je sors ensuite les pots et je les laisse revenir complètement à température ambiante sans les ouvrir. Cela évite que de l’air chaud et humide entre en contact avec la nourriture encore froide et provoque de la condensation.

     4) Une fois revenus à température ambiante, les pots peuvent directement rejoindre la réserve.

Les absorbeurs d’oxygène

Pour un stock tournant, je n’en utilise pas. Pour un aliment parfaitement sec destiné à rester fermé plusieurs années, on peut ajouter un absorbeur d’oxygène dans le pot. Jamais avec un aliment humide ou dont on n’est pas certain du séchage.

Les sacs Mylar

J’ai utilisé les sacs Mylar, mais je ne m’en sers plus : je trouve leur mise en œuvre trop complexe pour l’avantage obtenu. Il faut acheter les sacs et les absorbeurs d’oxygène, remplir, thermosouder correctement puis recommencer après ouverture. Et surtout, le Mylar ne dispense pas de traiter correctement les aliments à leur arrivée : le problème des œufs et larves éventuellement présents reste le même. La méthode reste valable pour celui qui souhaite l’utiliser, mais elle ajoute des consommables et des manipulations au stockage.

Les bouteilles en PET

Une bouteille alimentaire en PET peut être utilisée selon le même principe qu’un pot : propre, parfaitement sèche, remplie, fermée puis passée au congélateur. Son principal avantage est d’être facilement récupérable et incassable, mais je reste prudent sur l’étanchéité des bouchons. Mais elle possède un gros défaut : les rongeurs peuvent l’attaquer. J’ai déjà retrouvé des bouteilles détruites par des souris. Je considère donc le PET comme une solution de dépannage.

Le mythe du seau alimentaire

On voit régulièrement conseiller les gros seaux alimentaires pour conserver directement riz, farine ou céréales. Je le déconseille. « Alimentaire » signifie que le matériau convient au contact des aliments. Cela ne signifie pas que son couvercle restera parfaitement hermétique pendant plusieurs années. Un seau reste pratique pour transporter, ranger ou protéger mécaniquement des conditionnements. Mais je ne compte pas sur lui pour assurer l’étanchéité de mes réserves.

Quelques protections complémentaires

Laurier, clous de girofle et certaines plantes aromatiques sont traditionnellement utilisés comme répulsifs. Je m’en sers uniquement pour éviter de donner envie aux insectes de venir se loger dans mon stock. Ça ne détruit en aucun cas des insectes !

Donc, pourquoi pas en complément, mais ils ne remplacent jamais un contenant hermétique.

Enfin, les pièges à phéromones sont intéressants contre les mites alimentaires. Ils ne supprimeront pas l’infestation, mais constituent une excellente alarme : quelques mites capturées dans la pièce où se trouvent les réserves doivent déclencher une inspection.

Si vous trouvez des mites

Écraser les papillons ne suffit pas. Il faut trouver le foyer. Inspectez farine, riz, pâtes, céréales, graines, fruits secs, épices et nourriture animale. Les produits fortement infestés sont éliminés. Videz ensuite le placard et aspirez soigneusement angles, fissures et trous. Les larves peuvent quitter la nourriture pour former leur cocon ailleurs. Videz immédiatement l’aspirateur. Le plus important est de trouver et supprimer la source de l’infestation.

Faites tourner vos stocks

Stockez ce que vous mangez et mangez ce que vous stockez.

Je date mes pots et consomme les plus anciens en premier.

Ma méthode tient finalement en une ligne :

Pots en verre → Remplissage → Etiquetage → Une semaine à −18 °C → Stockage → Rotation.

Pour certains stocks secs destinés à rester fermés plusieurs années, j’ajoute simplement un absorbeur d’oxygène.

Matériel de stockage alimentaire sur Amazon

Pots en verre à vis

Sacs Mylar

Absorbeurs d’oxygène