À la fin de la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009, l’Organisation mondiale de la santé recensait au moins 18 449 décès confirmés en laboratoire. Ce chiffre a souvent été présenté comme le bilan mondial de la maladie. Il ne représentait pourtant que les décès qui avaient pu être testés et officiellement signalés.
Environ 284 500 décès selon une étude internationale
En 2012, une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases a estimé que la pandémie aurait causé entre 151 700 et 575 400 décès durant la première année de circulation du virus. L’estimation centrale atteignait environ 284 500 morts, soit quinze fois le nombre de décès confirmés en laboratoire.
Cette différence ne signifie pas que l’OMS avait discrètement égaré quelques centaines de milliers de dossiers derrière une armoire. La grippe est difficile à comptabiliser avec précision. De nombreux malades ne sont jamais testés, particulièrement dans les pays disposant de peu de moyens médicaux. Le virus peut également ne plus être détectable lorsque le décès survient plusieurs jours après l’infection, notamment à la suite d’une pneumonie ou d’une complication cardiovasculaire.
Les pays pauvres davantage touchés
Pour établir leur estimation, les chercheurs ont combiné les données de surveillance disponibles avec des modèles tenant compte de l’accès aux soins, de la qualité des systèmes de santé et des complications respiratoires ou cardiovasculaires.
Plus de la moitié des décès estimés seraient survenus en Afrique et en Asie du Sud-Est, alors que ces régions représentaient environ 38 % de la population mondiale. L’accès limité aux soins, aux vaccins et aux traitements antiviraux a probablement aggravé la mortalité.
Une pandémie qui frappait davantage les jeunes
Environ 80 % des décès associés au virus H1N1 de 2009 concernaient des personnes âgées de moins de 65 ans. La répartition était donc très différente de celle observée lors des épidémies de grippe saisonnière, dont la mortalité touche habituellement surtout les personnes âgées.
La pandémie a officiellement pris fin en août 2010. Le virus H1N1 de 2009 n’a toutefois pas disparu. Il continue de circuler comme virus saisonnier et fait désormais partie des souches prises en compte dans les vaccins contre la grippe.
Ce qu’un survivaliste doit en retenir
Cette pandémie rappelle surtout qu’un bilan communiqué pendant une crise reste provisoire. Les chiffres confirmés décrivent ce que les systèmes de surveillance réussissent à détecter, pas nécessairement toute la réalité.
- Prévoir une réserve raisonnable de nourriture, de médicaments habituels et de produits d’hygiène
- Pouvoir limiter temporairement les déplacements sans dépendre d’un ravitaillement quotidien
- Conserver des masques adaptés et savoir aérer correctement le logement
- Suivre plusieurs sources sanitaires sérieuses plutôt que la rumeur la plus spectaculaire du jour
- Prévoir l’absence possible de plusieurs membres de la famille ou de collègues simultanément
La grippe A de 2009 n’a pas été la catastrophe annoncée par certains, mais elle n’a pas non plus été la petite alerte sans conséquence que beaucoup ont retenue. Comme souvent, la réalité se situait quelque part entre la panique télévisée et le haussement d’épaules.